Faire en sorte que chaque Ariary dépensé pour Internet permette aux Malagasy de communiquer davantage, d’étudier, de travailler et de créer des opportunités : c’est un chantier qui ne s’arrête pas à une seule baisse de prix.
C’est dans cette perspective que le Ministre du Développement numérique, des Postes et des Télécommunications a répondu à l’invitation de SpaceX et Starlink pour une séance de travail consacrée aux prochaines évolutions de leur réseau et à leurs perspectives pour Madagascar.
Cette rencontre intervient à un moment particulier pour SpaceX. Ce 28 septembre, Starship doit effectuer son 14ᵉ vol, avec une nouvelle étape dans le déploiement des satellites Starlink V3 de nouvelle génération.
Et derrière le terme « V3 », les évolutions sont considérables.
Chaque satellite est conçu pour supporter environ 1 Tbps de capacité descendante et 160 Gbps en liaison montante, soit respectivement près de 10 fois et 22 fois la capacité des V2. Il disposera de 2 048 faisceaux dans chaque sens, contre 192 en téléchargement et 144 en envoi pour les V2, ainsi que de six liaisons laser inter-satellites de 400 Gbps.
Mais au-delà des chiffres, c’est surtout ce que cette capacité supplémentaire peut permettre qui intéresse Madagascar : servir davantage d’utilisateurs et mieux répondre aux zones où la demande devient très importante, notamment à Antananarivo.
Car derrière le prix de l’Internet se trouve une réalité moins visible : la capacité disponible pour transporter les données de millions d’utilisateurs.
En décembre 2025, le dialogue engagé avec les opérateurs avait permis de franchir une première étape : pour 1 000 Ariary, certaines offres qui donnaient auparavant environ 200 Mo permettent désormais d’aller jusqu’à 1 Go, réparti notamment entre 500 Mo le jour et 500 Mo la nuit.

C’était une avancée. Ce n’est pas une finalité.
Plus les Malagasy utilisent Internet, plus les réseaux doivent suivre. Et lorsque les capacités arrivent à saturation, imposer simplement une nouvelle baisse sans préparer les investissements nécessaires pourrait donner davantage de données sur le papier, mais une connexion qui ne permet pas réellement d’en profiter.
Depuis plusieurs mois, le Ministère travaille donc avec les différents opérateurs sur leurs perspectives d’investissement, leurs besoins de capacité et les solutions permettant d’aller plus loin.
Fibre, mobile, satellite, mutualisation des infrastructures, nouveaux investissements : toutes les possibilités doivent être mises sur la table lorsqu’elles peuvent améliorer concrètement la vie des usagers.
Et l’évolution technologique ne s’arrête pas au haut débit par satellite. SpaceX indique également que les technologies développées pour V3 serviront à sa prochaine génération Starlink Mobile Gen 2, destinée à fournir des débits comparables à la LTE terrestre directement sur des téléphones mobiles ordinaires, sans modification du terminal.
Une évolution particulièrement importante pour un pays comme Madagascar, où connecter demain un territoire ne signifiera plus nécessairement devoir attendre partout le déploiement des mêmes infrastructures physiques.
La récente mise à disposition de 300 kits Starlink avec connectivité gratuite s’inscrit déjà dans cette dynamique. Les discussions engagées avec SpaceX regardent maintenant plus loin : comment ces nouvelles capacités et ces nouvelles technologies pourront-elles contribuer aux besoins croissants de Madagascar ?
La baisse engagée en décembre n’était qu’une étape. Le travail continue pour aller plus loin.
Parce qu’une baisse durable du prix de l’Internet se prépare aussi en amont : plus de capacité, plus d’investissement, plus de concurrence et des infrastructures capables de suivre les besoins des Malagasy.
Les résultats ne viennent pas toujours du jour au lendemain. Certains se voient immédiatement, d’autres se construisent progressivement. Mais le cap, lui, ne change pas : faire en sorte que demain, les Malagasy puissent avoir plus d’Internet, de meilleure qualité, pour moins cher.


