Madagascar veut éviter de regarder passer une nouvelle révolution technologique

Pendant plusieurs jours à Riyad, ministres, experts et acteurs internationaux se sont retrouvés autour d’une question qui paraît encore lointaine pour certains, mais qui transforme déjà le monde : l’intelligence artificielle.

Pour Madagascar, l’enjeu est particulier. Le pays poursuit encore sa transformation numérique pendant qu’une nouvelle révolution technologique avance déjà à grande vitesse.

Faut-il attendre d’avoir tout accompli dans le numérique avant de préparer l’intelligence artificielle ? La position portée par Madagascar à Riyad est claire : ce serait prendre le risque d’arriver une nouvelle fois trop tard.

La priorité reste donc de poursuivre les efforts engagés pour connecter davantage de Malagasy et développer les infrastructures numériques, sans attendre pour préparer la prochaine étape.

Durant les échanges ministériels, Madagascar a défendu une vision qui va au-delà du simple accès aux nouvelles technologies : le pays ne veut pas être uniquement consommateur de solutions conçues ailleurs. Il veut progressivement acquérir les compétences pour les comprendre, les choisir, les adapter et, demain, participer lui-même à leur création.

Pour y parvenir, Madagascar doit renforcer ses propres capacités : développer les compétences, consolider ses institutions et permettre à l’État de mieux comprendre, choisir et maîtriser les technologies qu’il utilise.

Madagascar a également porté à Riyad les questions de souveraineté, de données et d’identité. Avec une conviction forte : un Malagasy ne devrait pas avoir à abandonner sa langue pour bénéficier de l’intelligence artificielle.

La visite de AI Oasis aura, elle, permis de passer des discussions à quelque chose de très concret. L’expérience développée en Arabie saoudite montre qu’il n’est pas nécessaire pour Madagascar de repartir systématiquement de zéro.

L’idée défendue est plutôt d’ouvrir des coopérations permettant d’apprendre de ce qui fonctionne déjà, de l’adapter aux réalités malagasy et de construire progressivement nos propres capacités.

Car la souveraineté numérique ne signifie pas tout construire seul. Elle signifie aussi savoir travailler avec les autres sans devenir entièrement dépendant d’eux.

C’est peut-être là le principal message ramené de Riyad : Madagascar ne pourra pas rattraper son retard en courant uniquement derrière les technologies d’hier. Il doit améliorer le numérique d’aujourd’hui tout en préparant celui de demain.

L’intelligence artificielle avance vite.

Et cette fois, Madagascar veut être dans le mouvement, pas le regarder passer. 🇲🇬